Foire aux Questions spéciale COVID-19 pour les professionnels de santé

Foire aux Questions spéciale COVID-19 pour les professionnels de santé

rea5

Diagnostic COVID-19

• Ma compagne est covid + (testée vendredi dernier). Elle est arrêtée depuis jeudi dernier et impossible de reprendre pour le moment. Pour ma part, j’ai préféré en accord avec ma hiérarchie me mettre en télétravail quelques jours pour éviter de contaminer mes collègues. Puis je reprendre le travail dès jeudi ou dois-je rester en télétravail jusque lundi ? Pour ma part, je n’ai absolument aucun symptôme et suis en pleine forme.

 Réponse : les recommandations d’éviction d’un soignant infecté par COVID sont une éviction de 7 jours, dont les deux derniers sans symptômes, et de reprendre alors le travail masqué pour 7 jours de plus (mais c’est déjà fait systématiquement dans tout l’hôpital). Vous pouvez vous aussi revenir au travail jeudi dans le mêmes conditions, restant aussi masqué, sans risque pour vos collègues  et les patients.
 

• Je suis coronavirus positif depuis le 11 mars, je n’ai plus de symptômes depuis 4 jours hormis une toux et une fatigue, suis-je contagieuse ? Puis-je rendre visite à ma mère âgée de 84 ans, suis-je immunisée ? ou puis-je être encore contaminée ? Dois-je porter un masque chirurgical quand je sors faire mes courses ou quand je vais repartir travaillé (reprise du travail lundi 6 avril).

 
Réponse :  si vous avez eu les premiers symptômes avant le 11 mars, vous êtes guérie depuis longtemps, puisqu’on considère qu’on peut sortir du confinement à J8 ou J10 après le début de symptômes dans les formes mineures ou modérées du COVID, selon la recommandation du haut conseil de santé publique (HCSP).
 
Le HCSP recommande aussi de ne pas tenir compte de la toux, qui peut persister après la guérison de la maladie.
Vous êtes probablement maintenant immunisée. Mais on continue de recommander de porter un masque chirurgical dans les contacts sociaux si vous le pouvez, et de continuer à porter un masque chirurgical en continu comme tous les professionnels de santé à l’AP-HP.
Et vous pouvez bien sûr retourner voir votre mère, toujours en sécurité avec un masque, et l’hygiène des mains. 
 

• J’ai été infectée par le COVID le 12/03/2020 et ai été arrêtée 15 jours. J’ai repris le travail le 27/03. Je tousse encore un peu + perte goût et odorat. On me dit que je peux être réinfectée et que ce sera une forme plus grave. Quelles informations avez-vous à ce sujet ? : est-ce vrai ? dans quel délai ?

 
Réponse : il est probable que le COVID est immunisant, comme les autres coronaviroses, les tests sérologiques sont en cours développement. Dans les rapports faisant état de rechutes précoces, il est possible que des prélèvements aient été faussement négatifs, puis à nouveau positifs chez un patient, sans que la maladie ait été réellement guérie. La durée de l’immunité sera aussi à regarder. Et il n’y a pas à ma connaissance de publication faisant état de rechutes plus graves après une première infection. 
 

• J’ai été testée positive avec un arrêt de travail le 17 mars avec 14 jours d’isolement. J’ai repris mon travail et je vis avec mon fils de 20 ans qui a eu une fièvre pendant 3 jours puis plus rien. J’ai peur pour lui. Que dois-je faire ?

 

Réponse :   il est possible que votre fils ait été infecté par COVID, juste marqué par un peu de fièvre sans autres signes. Il n’y a rien de plus à faire, vous pouvez être rassurée. Sachez que pour vous, la durée d’éviction professionnelle est maintenant de 7 jours, si les deux derniers jours sont sans symptômes, avec un retour au travail avec un masque pour les 7 jours suivants.
 

• J’ai une fièvre et une toux depuis 3 jours. J’ai vu mon médecin traitant qui m’a arrêtée 15 jours et m’a demandé de me faire dépister. Je ne me suis pas signalée à la Médecine du travail qui ne veut plus me dépister. Comment je peux faire ?

 
Réponse : il est possible que vous vous fassiez dépister au centre de dépistage de l’Hôtel Dieu, ouvert 7j/7 de 7h30 à 20h. RV à prendre en amont et le rendez-vous est donné le jour de l’appel.»

PCR COVID-19

 

•  Pourriez-vous me donner la sensibilité, spécificité, valeur prédictive positive et négative du test PCR du covid-19 ?

 
Réponse : C’est effectivement une question compliquée. La sensibilité technique des PCR est très bonne avec des limites de détection vraiment très basses. La spécificité est excellente, nous n’avons pas observé de réaction croisée avec aucun autre virus, y compris avec les coronavirus humains habituels (OC43, HKU1, NL63, 229E). La Valeur Prédictive Positive – VPP est donc de l’ordre de 100% dans notre expérience.
La Valeur Prédictive Négative – VPN pose plus de question et va dépendre des populations testées.
En peu de mots la PCR peut-être négative dans deux situations :
–          En tout début de maladie si l’excrétion virale est absente ou faible. Si les symptômes ont débuté depuis au moins 24h à 48h, la PCR est habituellement positive malgré tout et reste la technique la plus sensible dans cette situation.
–          La PCR peut aussi être prise en défaut chez les patients présentant un tableau sévère plus de 8 jours après le début des symptômes. Pour ces patients particulier il faut accéder au scanner ou à un prélèvement respiratoire profond.
Pour les patients présentant peu de symptômes (ce qui sera le cas d’un dépistage soignant hors d’un contexte d’hospitalisation), la PCR reste de très bonne sensibilité car la maladie est alors généralement associée à des excrétions virales prolongées dans notre expérience. Néanmoins, nous n’avons pas beaucoup de recul aujourd’hui sur l’excrétion virale prolongée dans les différentes populations. Au-delà de 8 à 12 jours, une partie des patients aura négativé les PCR car n’excréteront plus de virus.
On a parfois l’impression que cette excrétion virale est prolongée chez les paucisymptomatiques. Mais je ne connais pas d’évaluation vraie de ce point à ce jour.
Il se pose donc la question de la sérologie en complément. Cependant les données sont très parcellaires à ce stade et il semblerait que les pauci-symptomatiques fassent peu ou pas d’anticorps. Ces dernières observations ont principalement été faites avec des tests rapides IgM/IgG et je ne sais pas si des recherches ELISA plus sensibles peuvent permettre de rattraper ce défaut de sensibilité de la sérologie.
En résumé :
–          La PCR est hautement spécifique et très sensible en début de maladie.
–          Nous ne connaissons pas bien sa VPN au-delà de 10 jours de symptômes à ce jour, certains patients pouvant ne plus excréter de virus.
–          Nous manquons encore de recul pour la sérologie qui pourrait aider dans ces situations. Quelques premières données sur les tests rapides montrent cependant qu’ils peuvent aussi être pris en défaut chez les personnes peu symptomatiques. De nombreuses évaluations sont en cours pour nous aider à y voir plus clair.

4 questions sur l'asthme

  • En cas d’antécédent ou de présence d’un asthme, est-on plus à risque de faire une infection COVID ? 

Réponse :  NON – peut-être même que cela pourrait être l’inverse.

  • En cas d’antécédent ou de présence d’un asthme, l’infection COVID risque-t-elle d’être plus grave ? 

Réponse : NON sauf pour les patients avec un asthme sévère sous corticoïdes oraux qui sont à risque d’atteinte sévère.

  • Doit-on envisager d’arrêter de travailler dans cette période lorsqu’on est asthmatique ?

Réponse : Seulement les asthmatiques sévères sous corticoïdes oraux.

  • Mes enfants suivent un traitement contre l’asthme. Par précaution, dois-je me faire dépister contre le Covid-19 pour éviter de leur transmettre la maladie ?

 Réponse : S’ils ne prennent pas de corticoïdes oral, pas de problème. Rappelez-vous également que le dépistage n’est pas fiable à 100%.

Sérologie pour le personnel soignant

  • Quand  sera-t-il possible d’effectuer une sérologie COVID 19 pour le personnel soignant, afin d’organiser au mieux l’activité et la sécurité du personnel dans le service ?

Réponse : la sérologie permet de faire un diagnostic d’infection en cherchant les anticorps fabriqués par une personne en réaction à l’infection. Il ne sont généralement pas positifs au moment de l’infection, mais quelques jours ou semaines plus tard.

Les premières méthodes de sérologie sont en cours de validation dans nos services de virologie, la méthode testée actuellement n’est pas très sensible, et le devient après 10-15 jours.

Des méthodes de seconde génération, dites ELISA, sont en cours de test, et seront disponibles, encore en nombre limité, ces deux prochains mois. Disponible à plus large échelle, elle permettront de faire un diagnostic rétrospectif pour les personnes en première ligne, et avant tout les soignants.

La PCR reste l’examen central pour faire le diagnostic au moment de l’infection.

 

•  Bonjour, est-il possible d’avoir eu l’infection bien avant l’épidémie supposée ? J’ai eu des symptômes (otalgie unilatérale sans sinusite >15j, syndromes grippaux, fièvre 38.5 3j, toux, grande asthénie >10j) qui ressemblent beaucoup à ceux décrits actuellement par les personnes infectées COVID début février, j’ai pensé à une grippe malgré ma vaccination effectuée. Une sérologie serait-elle alors possible dans ce cas (car >2 mois post début des symptômes).

 

Réponse : La réponse dépend de la date du début de vos symptômes et de votre lieu d’habitation et de vos habitudes sociales. Le SARS CoV2 a circulé au début en même temps que la fin de l’épidémie de grippe saisonnière, et il est très difficile de faire la part des choses, les deux maladies partageant beaucoup de symptômes. Et la vaccination antigrippale ne protège pas complètement de la grippe, mais en attenue au moins la sévérité.
La sérologie permettra de savoir si vous avez été infectée, mais pas d’attribuer vos signes à l’infection COVID. Une grande partie des infections COVID sont peu ou pas symptomatiques, et vous aurez pu être infectée à un autre moment. De plus, les tests sérologiques disponibles en ce moment ne sont pas de bonne qualité, attendons d’avoir des tests sérologiques sensibles

•  Je suis étudiant en médecine étant volontaire pour participer à l’effort soignant nécessaire pendant cette période exceptionnelle en tant qu’aide-soignant. Cependant, certains de mes antécédents médicaux obligent les autorités sanitaires à me qualifier de « à risque », je ne peux donc pas actuellement travailler dans des services COVID là où le besoin est important. J’ai cependant quelques soupçons sur une possible infection antérieure. Serait-il possible de réaliser une sérologie COVID, pour affirmer ou non ma possible immunité, et pouvoir dans le cas positif travailler sereinement et permettre de participer à l’effort soignant ?

 

Réponse : Pour le moment, les sérologies disponibles ne sont pas encore suffisamment fiables, notamment pour leur sensibilité. Aucunes ne sont encore utilisées en routine à l’AP-HP, en dehors de projets de recherche qui viennent de débuter. Mais les sérologies seront certainement un outil indispensable au moment du déconfinement.

Autres

  • Est-ce que la technique décrite dans cette vidéo est utilisable en dehors de l’hôpital pour soignants et non soignants ? vidéo sur facebook présentant la technique du chirurgien général américain Jerôme Adams pour se couvrir le visage en quelques étapes faciles https://www.facebook.com/CDC/videos/1260776464113699/?t=0« Bien que le confinement reste notre arme la plus puissante contre le COVID-19, la recommandation de porter un couvre-visage en tissu peut aider à protéger les plus vulnérables. »

Réponse : Oui cette technique peut être employée en dehors de l’hôpital, il y aura sans doute un effet barrière avec ce type de protection même si la protection n’est pas totale.  A l’hôpital, un soignant doit porter un masque à usage médical : chirurgical ou FFP2 en fonction de la situation